FILHA : Julie Huard dans nos murs

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Julie Huard. Paysâmes et miroirs du monde. Editions Memory (Belgique) et David (Canada). 2015

Julie Huard sera de retour. Cette fois-ci, elle ne viendra pas seule, mais avec son nouveau roman de voyage, Paysâmes et miroirs du monde, dans lequel elle restitue aux peuples et aux endroits visités les souvenirs accumulés durant ses nombreux voyages à travers le monde. Cette année, elle sera à la Foire internationale du Livre d’Haïti (FILHA) du 9 au 11 décembre. Compte rendu de ce nouveau livre paru l’année dernière aux Éditions Memory en Belgique et David au Canada.

Images de terres et d’autochtones, images de joie comme de tristesse, de gens et d’animaux, de leurs regards comme de leur humanité, c’est un livre qui ouvre grand le coeur du lecteur, pour y laisser pénétrer la sensibilité du monde, le sourire des gens de la planète. De Thaïlande à Lomé, en passant par Haïti, Tibet, toute la culture de ces villes méconnues et/ou inconnues de l’occident, est partagée dans ce livre.

Les différences sur tous les fronts. Le pouls du monde est à portée des lecteurs. Avec également une écriture vive, intense, fluctuante, qui laisse l’émotion de l’auteur exploser dans ces pages de mots et d’images. Son avant-propos traduit toute cette étincelle de vie faite de rencontres avec les autres, d’écoute. Que sera-telle donc, Julie Huard, sans l’autre ? Dans cette longue introduction, elle se présente au monde.

« … Je me dis que, pour appartenir au monde, il faut d’abord l’écouter, le sentir, aller en tâter les perles, les péchés. Jouir des orages, épicés, électriques. Dormir lentement. Si je ne m’arrête pas, je ne humerai jamais l’haleine du mil qu’on fait bouillir à l’ombre d’une case. Je n’inspirerai pas le souffle des grands arbres ni les poèmes des hommes. Je passerai outre l’étincelle, le menu pollen possédant l’art d’altérer le cours de l’existence. Et mon intégrité n’en sera que pareille au même… »

Dans Paysâmes et miroirs du monde, c’est une auteure qui va vers l’autre, sait le regarder droit dans les yeux. Sentir son pouls comme celui de la terre à laquelle elle appartient pour toujours, « depuis la voix de ma mère qui a fait vibrer les cordes et tisonné mes rêves nomades ».

« J’ai toujours aimé la terre, elle ne ment pas. J’ai son goût dans la bouche depuis l’enfance. Depuis les expéditions monumentales de chasses aux papillons qui ont nourri mes grandes vacances. Premières libertés. Premières évasions. Depuis la saveur du thé des bois imprimée sur ma langue ». C’est une Julie Huard traversant Bali et Borné en Indonésie, circulant à travers les quartiers de l’Iran, recevant de part et d’autre le sourire de l’enfant de Katmandou, au Népal, jusqu’en Haïti où elle a traversé les montagnes de Jacmel, pour aller découvrir les sourires du paysan.

Au centre Pen Haïti où elle a séjourné, dans le cadre de l’entente de réciprocité entre l’institution et le conseil des Arts et des Lettres du Québec, Julie Huard a également rencontré plusieurs écrivains et artistes haïtiens, et partagé avec eux ses nombreuses expériences littéraires/ professionnelles, sociales/humaines des voyages.

Bienvenue à Julie Huard à cette 4e édition de la FILHA, cette année, avec notamment ce nouveau livre, Paysâmes et miroirs du monde.


Par : Jean Emmanuel Jacquet (Le National)