La FILHA 2016, une édition riche et organisée !

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Vue partielle du site de la FILHA. | Photo : Dave Vernet

Trois jours de vente de livres, d’animation, de visites et de débats. Plusieurs centaines de visiteurs, des milliers d’écoliers venus de divers établissements scolaires, accompagnés de professeurs et de moniteurs. Tel est le bilan de cette 4e édition de la Foire Internationale du Livre d’Haïti (FILHA), déroulée cette année, du 9 au 11 décembre, autour du thème : « Je lis, je grandis ». Une centaine d’écrivains. De grandes activités de vente.

Les maisons d’édition ont confirmé des activités de vente extraordinaires, dues en partie au grand rabais de 60 % offert par la Direction nationale du livre (DNL). Les écrivains sur place ont rencontré leurs lecteurs et entamé des discussions sur le livre. En guise d’hommage à l’écrivain Georges Castera, retiré de la scène, à cause de l’âge et de la fatigue, ses dessins humoristiques ont été exposés, et des discussions animées autour.

« Cette année, nous avons voulu accompagner les écoliers, une façon de préparer la relève », a pour sa part souligné le principal initiateur de la FILHA, le directeur de la DNL, Frantz Carly Jean Michel, qui a également rappelé la nécessité pour l’État, ainsi que les parents, d’attiser le goût de la lecture auprès des jeunes. Frantz Carly croit également qu’il est de la responsabilité de l’État d’accompagner tous les acteurs de la chaine du livre, en vue du développement intégral du secteur.

« Lire c’est grandir. Lire c’est accepter le partage. Lire c’est s’ouvrir aux autres et au monde. Lire a toujours été un instrument permettant à l’esprit humain de se dégager du conforme, du médiocre, de la routine, des manipulations, pour s’élever à ce pallier qui permet d’agir », a de son côté affirmé l’invité d’honneur Gary Victor qui félicite la Direction nationale du livre d’avoir contribué, avec le peu de moyens dont elle dispose, à la promotion du livre et de la lecture à Port-au-Prince et dans les villes de province.

« La tâche est rude, mais cela vaut le combat. Grâce à l’initiative de la DNL, les jeunes, en dépit de la situation économique, sont plus proches du livre qu’avant, plus proches des auteurs aussi », a poursuivi Gary Victor qui se dit très fier d’être l’invité d’honneur de cette 4e édition, devenant depuis tantôt une passerelle supplémentaire entre auteurs et lecteurs.

Plusieurs rencontres ont été organisées avec l’invité d’honneur Gary Victor qui se faisait parfois accompagner de son éditeur Philippe Rey, autour de sa production littéraire. Philippe Rey a également présenté, aux côtés des éditeurs Christophe Philippe Charles et Jean Emmanuel Jacquet, une conférence autour du métier d’éditeur. C’est une reprise de son intervention à l’Institut français en Haïti, la veille, en compagnie de Gary Victor.

Le réalisateur Arnold Antonin, revenu de voyage, a animé pour les écoliers une séance d’atelier autour de son film « Jacques Stephen Alexis, mort sans sépulture », projeté à l’occasion à la salle 2 du palais municipal. Un peu plus tard, dans la journée, la conteuse québécoise Joujou Turenne a rencontré des écoliers et animé des séances de conte. Et enfin des micros ouverts avec des écrivains étrangers, Julie Huard, Nigel Thomas, Marie Léticée et Jean Bofane.

La FILHA a toujours comme atout qu’elle se constitue au fur et à mesure comme un véritable salon du livre. La bonne ambiance et l’accueil, la circulation libre et facile des lecteurs et acheteurs, l’accessibilité des auteurs et des invités, la richesse de la programmation en une journée sur un seul lieu, sont autant d’éléments caractéristiques de la FILHA en 2016. Ce que les écrivains haïtiens et invités étrangers applaudissent.

« C’est une ambiance magnifique. Je suis étonné de voir autant de gens faire la queue pour se procurer des livres », a fait remarquer l’écrivaine québécoise, Julie Huard, auteure de « Paysâmes et miroirs du monde ». Elle a également souligné cette possibilité de revenir chaque fois, d’un stand à l’autre, avec aussi la possibilité de discuter avec les gens, les auteurs et éditeurs.


Par Schultz Laurent Junior (Le National)